Les lanceurs d’alerte et les chercheurs de vérité francophones s’abreuvent souvent à des sources anglophones. Malheureusement, en essayant de défendre la vérité, ils massacrent souvent notre langue.
Par exemple, je viens de lire sur Telegram : « L’alarmisme IA : un hoax selon Trump » (« hoax » peut être remplacé par « canular », voir l’entrée de dictionnaire correspondante).
Les « hoax », les « fake news », les « psyop », les « débunkages », etc., les lanceurs d’alerte en raffolent. Cela donne un tampon « made in USA » qui semble apporter du sérieux à une publication.
Parmi les lanceurs d’alerte, certains aiment faire du sensationnalisme (du « buzz »), à coups de mots percutants (« punchy »), afin d’augmenter le nombre de vues de leurs vidéos ou de leurs publications, ce qui finit par diminuer leur crédibilité.

Le mot anglais « hoax » vient de la formule magique « hocus pocus » qui, elle-même, vient de la formule religieuse latine « hoc est corpus meum »
1. La formule religieuse originelle : « Hoc est corpus meum »
À l’origine, on trouve l’expression latine « Hoc est corpus meum » (Ceci est mon corps). Dans la liturgie catholique, ce sont les paroles sacrées prononcées par le prêtre lors de l’Eucharistie pour accomplir la transsubstantiation (la transformation du pain en corps du Christ).
2. La déformation populaire : « Hocus Pocus »
Après la Réforme protestante, notamment en Angleterre, cette phrase sacrée entendue par des fidèles qui ne comprenaient pas le latin a été perçue comme une sorte de formule magique obscure. Par dérision et déformation phonétique, elle est devenue « hocus pocus » au XVIIe siècle. L’expression a ensuite été adoptée par les prestidigitateurs et les illusionnistes de rue pour accompagner leurs tours de passe-passe et détourner l’attention du public.
3. La naissance du mot « Hoax »
Au cours du XVIIIe siècle, le terme s’est contracté. La première partie, « hocus », a d’abord donné le verbe « to hocus » (duper, escroquer ou frelater une boisson). C’est finalement à la fin du XVIIIe siècle que le mot « hoax » est apparu en anglais comme une abréviation de « hocus », désignant spécifiquement une tromperie ou un canular élaboré.
Aujourd’hui, à l’ère numérique, le mot a traversé l’Atlantique et les frontières pour désigner les fausses rumeurs qui circulent sur Internet.
La langue française regorge de mots idoines pour remplacer les anglicismes, autant les utiliser quand on s’adresse à des francophones.
