Récemment, un animateur d’émission a intitulé sa vidéo : « Béchamp vs Pasteur ». J’ai l’impression que, en la regardant, on va assister à un combat de catch.
Le mot « vs » (versus) a beau être latin, il nous arrive du monde anglo-saxon. En français, hormis les latinistes, personne ne l’employait jusqu’à récemment. Oui, mais beaucoup aiment bien les trucs qui viennent des Anglo-saxons, parce que ça donne un air sérieux et moderne !
Imaginez :
Le combat de David vs Goliath (Samuel 17, 1-58)
L’Aile vs la cuisse
Saint Michel versus le dragon
Le Rouge vs le noir
Crime vs châtiment
La cigale vs la fourmi
Napoléon vs Wellington

L’usage de versus (vs) en France est très récent
L’usage de versus s’est largement diffusé à partir des années 1980-1990, sous l’influence de la télévision, de la presse sportive, de l’informatique et, plus généralement, de l’anglais international.
Autrement dit, le « versus » que l’on rencontre aujourd’hui est bien un emprunt à l’anglais, même si le mot est d’origine latine.
À l’origine, « versus » (abrégé v.) est utilisé dans le domaine du droit anglophone
Dans le droit anglais, puis américain, versus (abrégé v.) est employé depuis des siècles pour nommer les affaires judiciaires :
- Brown v. Board of Education ;
- Roe v. Wade ;
- Marbury v. Madison.
Ici, « versus » signifie simplement « contre », c’est-à-dire : le demandeur contre le défendeur.
Cet usage ancien (hérité du latin juridique médiéval) n’a jamais disparu dans la tradition de la common law.
Puis « versus » (v. pour les Britanniques, vs pour les Américains), s’est étendu au domaine sportif et à la culture populaire
Le sport britannique a très tôt repris cette convention. Ainsi, dès le XIXᵉ siècle, les affiches annoncent :
- Oxford v. Cambridge ;
- England v. Scotland.
On remarque d’ailleurs que les Britanniques écrivent souvent v., tandis que les Américains utilisent volontiers vs.
Depuis les années 1980-2000, « versus » est devenu un marqueur de duel :
Les Français, qui ne traduisent presque plus les titres anglophones, ont importé directement cette manière de présenter les oppositions.
Mais alors, que disait-on en français avant cette invasion ?
Dans le domaine juridique, on utilise « contre » : l’affaire de Machin contre Bidule.
Par exemple, en 1979, sortait en France le film Kramer contre Kramer qui, en anglais, s’intitulait Kramer vs Kramer.
En sport, on utilise aussi « contre » : le PSG contre l’OM.
Pour voir d’autres exemples (ou, par comparaison, au lieu de, etc.), consultez l’entrée « vs » du dictionnaire de ce site.
Même dans une vidéo de Philippe de Villiers… tu quoque mi frater !
Master Poulet vs restauration traditionnelle (comme dans cette vidéo de Philippe de Villiers)
Il suffisait d’écrire
Master Poulet ou la restauration traditionnelle
