Il y a les anglicismes évidents (mots visiblement anglais) et les anglicismes insidieux, qui ressemblent à du français, mais qui ne veulent rien dire en français.
Au sud de Toulouse, cet été, une commune organise une manifestation appelée « Partir en livre ». Ce nom n’a aucun sens en bon français (un comble pour une manifestation visant à promouvoir la lecture). C’est un jeu de mots qui s’appuie sur « partir en live », qui signifie : c’est devenu incontrôlable, ingérable, n’importe quoi, c’est devenu fou, ça a dérapé, ça a dégénéré, etc.

Comme c’est une commune politiquement correcte, elle se veut inclusive
Le prospectus (et pas le « flyer ») précise : « les lectures des plus jeunes comme des passionné.es ». Ouf ! Les femmes auraient pu se sentir rejetées, avoir l’impression que cette manifestation ne s’adressait qu’aux hommes, sangloter chez elles, abandonnées dans ce monde machiste, pendant que leurs pères, frères et maris profitaient odieusement de ce festival. Mais non, heureusement, les rédacteurs du tract ont bien ajouté le point et le « e ».
Les femmes pourront se présenter aux étals la tête haute, sans avoir peur de s’entendre dire : « Non, madame, vous n’êtes pas invitée, la manifestation est réservée aux hommes. »
Ce salon du livre va-t-il virer à la foire d’empoigne ?
Espérons que personne ne fera le rapprochement entre « partir en livre » et « partir en live ». Sinon, ce salon du livre risque de finir en bataille rangée !
