En raison de la chaleur, la SNCF envoie, je cite, « des équipes dédiées (task forces) sur chaque axe ».
Sommes-nous devenus à ce point un pays du tiers monde que, dès qu’il y a rupture de la normalité, il faut s’attendre à des violences ?
Et pourquoi « task forces » ? Pour rappel, la SNCF signifie « Société nationale des chemins de fer français » (pas anglais, américains ni internationaux). Mais lorsqu’elle a besoin de gros bras, elle fait appel à des « task forces », et à l’anglicisme « dédiées » (comme j’ai pu le lire dans Le Figaro ou La Dépêche).

La locution anglaise « task forces » est très vague
Pour faire chic, on peut dire que « task forces » est polysémique, ou alors, moins chic, fourre-tout. Donc, on a du mal à comprendre ce que viennent faire ces « task forces » dans les trains de la SNCF. Il peut s’agir :
– d’un groupe de travail chargé d’étudier un projet ou de le mener à bien
– d’une cellule, par exemple d’une cellule de lutte contre la fraude
– d’une force d’intervention, sur le terrain, dans les domaines de l’armée, de la sécurité ou des secours
– etc.
Dans le cas des Agents Task Forces utilisés par la SNCF, il s’agit d’agents « dotés de gabarits impressionnants, d’excellentes qualités de médiation, et d’une solide expérience de terrain pour répondre à ces situations exceptionnelles » pour les « situations d’incivilités et de délinquance dans les lieux publics ou privés très fréquentés ».
J’en déduis que ces agents sont là pour faire régner l’ordre dans les trains et les gares… parce qu’il fait très chaud.
Pour ne faut-il pas dire « dédiées » dans ce cas précis ?
« Dédié » est un anglicisme quand il remplace : consacré à une tâche, spécialisé, réservé, spécifique, attribué, voué, etc.
« Dédié » est correctement employé en français dans les sens suivants :
– un objet dédié à Dieu, à un saint, etc.
– une œuvre dédiée à quelqu’un (un livre dédié à un ami, etc.)
– un lieu, un monument, une cérémonie dédiés à quelqu’un (à une personne disparue, etc.)
– une vie dédiée à une bonne cause
Voir l’entrée « dédier » dans le dictionnaire d’Halte aux anglicismes.
Conclusion : au lieu de parler de « task forces dédiées », les journaux auraient pu parler de « forces d’intervention spécialisées ».
