Un château de ma région propose de bruncher en écoutant un quartet à cordes.
Deux anglicismes : « bruncher », mais aussi « quartet » qui, en français, se dit « quatuor ».
Les organisateurs auraient donc pu annoncer « un déjeuner dans le parc d’un château, en écoutant un quatuor à cordes » mais, apparemment, ce n’était pas assez intéressant.

Il suffit de remplacer « brunch » par « déjeuner », « déjeuner tardif » à la rigueur
« Brunch » est la contraction de « breakfast » (repas du matin) et de « lunch » (repas de midi), autrement dit un petit déjeuner tardif. En réalité, nul besoin d’un nouveau mot : si on fait un petit déjeuner (rupture de jeûne), on ne peut pas dé-jeuner de nouveau à midi. Autrement dit, le mot « déjeuner » couvre toutes les ruptures de jeûne, quelle que soit l’heure.
Ce jeûne, c’est celui que l’on fait toutes les nuits, puisque, en principe, on dort au lieu de manger. En anglais aussi : « breakfast » vient de « to break » (casser, rompre) et de « fast » (jeûne).
Les journaux et les influenceurs se gargarisent du mot « brunch »
Par exemple, la chaîne Instagram toulouse.food.news, qui parle de l’actu « food » et des « Ouvertures, nouveautés, events, bons plans… », raffole du mot « brunch », si affriolant pour les gens de qualité (voir Le Bourgeois gentilhomme).
Les journaux aussi affectionnent le mot « brunch » :
– en novembre 2025, Les Échos annonçaient : Le « Brunch » et le « Brief », les nouveaux rendez-vous week-end des « Echos »
– en mai 2026, la « Journaliste Culture Lifestyle » de la Dépêche nous parle des « samedis Chill and Chic » d’un restaurant toulousain, qui « se prête aussi parfaitement au brunch du dimanche ».
– toujours en mai 2026, Le Figaro, jamais avare d’anglicismes et de mondanités, nous parle de « Déjeuner au soleil, brunch familial, goûter improvisé ou dîner en terrasse »
La liste serait interminable.
