Le pouding vient du boudin

Le pouding (ou pudding), voilà un anglicisme qui a peu de chances de nous envahir !

Les Français sont souvent peu charitables à l’égard des Britanniques, qui le leur rendent bien.

Les touristes qui reviennent du Royaume-Uni racontent à leurs congénères toutes sortes d’anecdotes effroyables et hilarantes sur leurs expériences culinaires.

La gastronomie britannique a toujours été moquée par les Français

Parmi les spécialités culinaires qui ont le plus horrifié les touristes :
– les sandwichs au concombre
– les chips au vinaigre
– la purée vert fluo de pois cassés (mushy peas)
– les haricots à la sauce tomate sortis d’une conserve
– la jelly (gelée moulée tremblotante verte ou rouge) servie en dessert avec une boule de glace à la vanille
– les viandes bouillies
– l’agneau servi avec une sauce à la menthe
– la stargazy pie (tourte aux sardines où les têtes de poisson, qui dépassent de la croûte, « regardent les étoiles »)
– les jellied eels (anguilles bouillies puis refroidies dans leur gelée naturelle)
– le haggis écossais (une panse de brebis farcie avec des abats, des céréales et des épices), dont le nom vient du français « hachis »

En échange, et c’est de bonne guerre, les Britanniques citent avec dégoût les cuisses de grenouille, les escargots, les tripoux, la tête-de-veau, les pieds-paquets, l’andouillette, etc. Ils sont particulièrement effarés de savoir que nous mangeons de la viande de cheval (même si peu de gens en mangent de nos jours) et du lapin (maintenant considéré comme un animal de compagnie).

Le mot « pouding » vient du français « boudin », qui vient du latin « botellus » (petite saucisse)

À l’origine, le pouding, comme le boudin, est un ensemble d’éléments disparates (morceaux de viande, gras, sang, abats, ce qui reste après l’abattage d’un cochon, etc.) cuits dans un boyau. Le but est de récupérer les restes, pour ne pas gaspiller. Tout est bon dans le cochon !

Notre boudin noir est servi outre-Manche au petit déjeuner, sous le nom de black pudding, en rondelles frites à la poêle, accompagné de tranches de lard (bacon), d’œufs (eggs), de tranches de pain grillé (toasts), ainsi que des affreux haricots blancs à la sauce tomate (beans).

Peu à peu, les versions sucrées ont supplanté les versions salées

Le pouding sucré est devenu le gâteau servi traditionnellement à Noël : le Christmas pudding.

C’est un mélange de pain rassis, de suif (graisse animale), de céréales, de fruits secs, d’épices, etc., tassé dans un linge noué avec de la ficelle, que l’on met à mijoter plusieurs heures, sans doute pour éliminer toute source de vie microbienne.

D’ailleurs, pour s’assurer que cette préparation tiendra le coup jusqu’à Noël, on la « désinfecte » en l’arrosant l’alcool, puis on la recuit le jour de Noël.

La texture ressemble à du béton noir collant.

Les microbes ont tellement peur de cette matière qu’il était possible de conserver le pudding une année entière sans problème.

De même que nous cachons une fève dans nos galettes des rois, les Britanniques cachaient dans leur pouding une pièce d’argent (symbole de richesse pour celui qui la trouvait), un anneau (symbole de mariage) ou un dé à coudre (symbole de célibat ou de pauvreté).

Le mélange d’éléments disparate se retrouve dans le mot « poudingue »

Une poudingue (de l’anglais « pudding-stone ») est un amalgame de divers minéraux.

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