À Toulouse, une société a eu pour idée, afin de s’enrichir aux dépens des gogos, d’organiser une « maxi pyjama party » au couvent des Jacobins.
L’ordre mendiant dominicain qui a fondé les Jacobins aurait été bien étonné de voir ce qu’il est advenu de son couvent, qui contient les reliques de saint Thomas d’Aquin, l’un des plus grands théologiens de l’Église catholique.
La Révolution dite française (fomentée dans les loges britanniques) avait détruit les trois quarts du cloître. Ce qu’il en reste est maintenant une scène pour une fête d’origine anglo-saxonne.

L’origine anglo-américaine des soirées pyjama
Ces soirées auraient commencé au XIXᵉ siècle, dans les milieux aisés des États-Unis et du Royaume-Uni. Des jeunes femmes de bonne famille invitaient des amies à dormir chez elles pour discuter, jouer, échanger des confidences, dans un cadre respectable.
Je ne me souviens pas avoir entendu parler de soirées pyjama quand j’étais enfant et adolescente (années 1980-1990). On invitait simplement des copines à dormir à la maison, sans donner un nom particulier à cette invitation. L’appellation « soirée pyjama » a commencé à se généraliser en France à partir des années 2000, sous l’influence des séries télévisées, l’une des principales sources d’américanisation de notre pays.
Une « expérience insolite » aux Jacobins : une maxi pyjama party
Vous vous ennuyez ? Vous souhaitez donner de l’argent à l’entreprise « les Siestes Électroniques » pour vous sortir momentanément de votre dépression ? Vous êtes mûr pour ce spectacle dénué de sens. Je n’y ai pas assisté mais je doute qu’on y parle des dominicains, de saint Thomas d’Aquin, du palmier extraordinaire de son plafond ou de quoi que ce soit de son histoire chrétienne ou séculaire.
Actu.fr prend soin d’utiliser la terme anglais « party », beaucoup plus « fun » et « cool » que le triste « soirée » aux allures franchouillardes.
Franchement, vous ne pouvez pas aller faire ça ailleurs, dans un stade, un supermarché ou une usine, par exemple ? Mais non, il y a un attrait compulsif pour ce qui est beau, ancien et chrétien, un besoin irrépressible de profanation des lieux sacrés, comme avec les « rave parties » organisées dans certaines églises. Même si les Jacobins sont désacralisés depuis longtemps, il y règne une atmosphère particulière, comme dans tous les lieux de culte anciens.
Notez bien que, à la fin de cette « expérience insolite », vous n’aurez rien appris, votre vie ne sera pas meilleure, le retour à la dépression est garanti.
Par contre (oui, « par contre », je suis en désaccord avec Voltaire), si vous faites une visite guidée des Jacobins et, de manière générale, si vous vous informez sur le riche passé de Toulouse, vous vous serez réjoui en découvrant des histoires intéressantes, vous vous serez émerveillé devant une architecture incroyable et vous aurez peut-être même trouvé la foi à travers tant de beauté.
Le mot « pyjama » est un anglicisme
« (1895) De l’anglais pyjamas, emprunté au hindi पैजामा, paijāmā, originaire du mot persan پايجامه, payjama (« vêtement de jambe ») qui désigne une veste et un pantalon ample ; attesté en 1837 sous la forme pyjaamah et en 1882 sous la forme pajamas. » (Wiktionnaire)
Autrefois, en France, hommes et femmes portaient une chemise de nuit et, souvent, un bonnet de nuit, quand les nuits étaient fraîches. Le mot « pyjama », arrivé en France en même temps que ce vêtement On pourrait tenter « tenue de nuit » ou trouver un néologisme, je propose « une noctenue ». Mais il va être très difficile à remplacer tant il est passé dans le vocabulaire.
