Fichtre ! Un bâillon qui court !

Le running gag est l’une des techniques de stand-up.

En bon français, on dirait par exemple : le comique de répétition est l’une des techniques des humoristes (sur scène).

Un exemple connu du comique de répétition est la phrase « Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? », prononcée plusieurs fois par Géronte dans Les Fourberies de Scapin de Molière.

D’où vient « running gag » ?

« Running », dans ce contexte, signifie « continu », « ininterrompu » (qui court toujours).

« Gag », à l’origine, n’a rien de drôle. « A gag », c’est un bâillon. « To gag », c’est s’étouffer, avoir un réflexe de vomissement. « To be gagged », c’est être bâillonné (au sens propre), censuré (au sens figuré).

Comment éviter d’utiliser « running gag » en français ?

Traduit littéralement, c’est un « bâillon qui court ».

Un « running gag », en français, c’est une blague récurrente, une plaisanterie habituelle. Il s’agit de la technique du comique de répétition.

Quel peut bien être le rapport entre blague et bâillon ?

Mystère, comme le dit le Wiktionnaire : le sens secondaire « blague (ou farce) » date de 1863 et son origine n’est pas claire.

Peut-être parce qu’on risque de s’étouffer en riant trop ?

Le Wiktionnaire donne une autre étymologie : peut-être lié au vieux norois gag-háls (avec la tête penchée en arrière) et au norvégien dialectal gaga (plié vers l’arrière).

Donc, le lien entre les deux vient-il de rire en se penchant en arrière, rire à gorge déployée ?

Le sparadrap du capitaine Haddock

La blague récurrente suprême (et pas « ultime »), c’est le sparadrap du capitaine Haddock.

« À la suite de l’explosion de la maison du professeur Topolino, le capitaine Haddock, blessé, se retrouve affublé de plusieurs sparadraps, dont un sur l’arête du nez. C’est l’amorce du plus long running gag (plaisanterie récurrente, en français) de l’œuvre d’Hergé. Non seulement, en page 45, le «petit sparadrap» voyage dans pas moins de 17 cases (au total, la page en compte 24 !), mais il réapparaît à la page 46 (8 cases). Après son épopée suisse, le vaillant bout de tissu collant est transféré en Bordurie, à la page 47 (4 cases), avant de ressurgir une dernière fois, en page 49 … » (tintin.com)

Laisser un commentaire