La plateforme Check tes droits, créée par le Barreau de Bordeaux

Bien entendu, on ne peut que se réjouir de voir des avocats protéger les droits des enfants.

Mais était-il nécessaire d’utiliser l’anglicisme « check » pour nommer cette plateforme ?

Au passage, il est inutile de mettre un A majuscule à « avocat ». Comme tous les noms de fonction et de métier, une minuscule suffit : « ton avocat ».

Ce projet est très louable

Le Barreau de Bordeaux s’illustre régulièrement en matière de droits de l’enfant, grâce notamment à son centre de recherche d’information et de consultation sur les droits de l’enfant (CRIC).
Dernière belle initiative en date : la création d’une plateforme dédiée aux mineurs, Checktesdroits.fr. Son objectif : « permettre à chaque enfant ou adolescent (jusqu’à 21 ans) de prendre facilement contact avec un avocat et d’obtenir des réponses claires à ses questions sur ses droits, dans un cadre sécurisé et confidentiel. » (village-justice.com)

Mais pourquoi utiliser l’anglicisme « check » ?

Je trouve condescendant, irrespectueux, de s’adresser aux jeunes dans ce langage américanisé, comme s’il était maintenant officiel que la sous-culture américaine est devenue une norme pour les jeunes de notre pays.

Était-il difficile de remplacer « Check tes droits » par « Vérifie tes droits », « Consulte tes droits » ou « Informe-toi sur tes droits » ? Les jeunes auraient-ils trouvé le site intimidant si on s’était adressé à eux en bon français ?

« Parler jeune » pour attirer les jeunes est une fausse bonne idée

En réalité, le fait que des « vieux » utilisent ce langage de la sous-culture américaine pourrait les décrédibiliser, les faire paraître ridicules aux yeux de ces jeunes qu’ils cherchent à atteindre.

Les jeunes attendent des adultes qu’ils se comportent bien, qu’ils parlent bien, bref qu’ils leur servent de modèle.

Personnellement, si je vois un site contenant ce genre d’anglicismes, je n’aurai pas envie de le conseiller.

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