stress

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Au lieu de dire
un stress
Dites
une détresse, une tension, une nervosité, une pression, une contrainte, une angoisse, une inquiétude, une contrariété, un agacement, une épreuve, etc.

Origine du problème

Le mot vient de l’anglais « stress », dérivé d’une abréviation du moyen anglais « destresse », emprunté au vieux français « destrecier », issu du latin « distringō » (étirer). Cette forme s’est probablement confondue avec le moyen anglais « stresse », issu du vieux français « estrece » (étroitesse), issu du latin « strictus » (étroit).

Une origine technique et scientifique

Avant de prendre son sens psychologique, « stress » a longtemps été utilisé dans les domaines techniques et scientifiques pour signifier « tension », « étirement », « pression », « déformation », « contrainte ». « Stresser « To stress » signifie « appliquer une force (sur un corps ou une structure) provoquant une contrainte.« 

Adoption de son sens psychologique

Depuis les années 1930, notamment après les travaux du médecin Hans Selye, « stress » est utilisé dans un sens psychologique et physiologique.
Il se diffuse ensuite dans la langue anglaise courante, à partir des années 1970-1980, avec le sens plus large de tension nerveuse ou pression psychologique liée au travail, à la vie quotidienne, etc.

Arrivée de « stress » dans la langue française

Le mot entre dans la langue française dans les années 1950-1960, d’abord dans le domaine scientifique et médical, pour désigner la réaction d’un organisme à une agression ou une contrainte (traduction directe du concept de Selye, voir ci-dessus).

Le mot « stress » est enregistré dans Le Petit Robert en 1983 et dans Le Trésor de la langue française informatisé (TLFi) à peu près à la même époque. Autrement dit, avant, quasiment personne ne parlait de stress pour dire :
je suis sous pression
– j’ai des difficultés
– je traverse une épreuve
je suis agacé
– etc.

Un témoin dans ma famille

Ma tante Roselyne, née dans les années 1930, avait assisté à l’essor du mot « stress ». Lors d’une discussion, elle m’avait fait part de son agacement : « On a tout le temps le mot stress à la bouche. Pourtant, avant, on s’en passait très bien. »

Utilisations anglicisées et équivalents en français

Au lieu de dire
Ça me stresse d’utiliser l’électricité alors qu’on pourrait se chauffer au bois
On peut dire
Ça me contrarie d’utiliser l’électricité alors qu’on pourrait se chauffer au bois

Au lieu de dire
Le stress chronique affecte le système immunitaire
On peut dire
L’inquiétude chronique affecte le système immunitaire

Au lieu de dire
Au travail, son patron le soumet à un stress insupportable
On peut dire
Au travail, son patron le soumet à une pression insupportable

Au lieu de dire
Nous traversons une période de stress économique
On peut dire
Nous traversons une période de tension

Voir sur ce site

« Stress » et « résilience », deux faces d’une anglomanie psychologique

Référence

« Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce mot anglais, désormais entré pleinement dans notre langue, est français. Son histoire est foisonnante! Il naît d’abord sur les rives anglo-saxonnes au XIVe siècle sous la forme «stress», soit «force, contrainte, effort, tension». Il semble issu, selon le Trésor de la langue française, de l’anglo-normand «destresse», qui correspond au mot ancien français à l’origine du français «détresse». Ce dernier a d’ailleurs donné naissance à l’anglais «distress». Son sens est le même que l’anglo-normand: «tension, gêne, contrainte, entrave». » (Cinq anglicismes qui nous viennent… du français – Le Figaro)

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