« Royalties », du français « royauté », signifie à l’origine « ce qui revient au roi » puis, par extension, « ce qui revient au titulaire d’un droit exclusif », d’où son sens moderne lié aux droits d’auteur.
Cependant, en France, comme nous avons coupé la tête à notre monarchie, nous ne parlons pas de « royautés » (donc pas de « royalties » non plus).
Nous parlons de droits, de droits d’auteur ou de redevances.

Une origine royale
Au Moyen Âge, le roi est considéré comme étant le propriétaire ultime de nombreuses ressources : mines, forêts, péages, droits de frappe de la monnaie, etc.
Quiconque exploite ces ressources doit verser une redevance au roi. Ces paiements sont appelés en anglais « royalties », au sens littéral : ce qui revient au roi.
Du roi à la concession : glissement de sens
Avec le temps, le roi accorde des privilèges ou des monopoles. En échange, le bénéficiaire paie une somme régulière.
Le mot « royalty » cesse de désigner la personne royale, pour désigner le paiement dû en échange de l’exploitation d’un droit.
Extension à la propriété intellectuelle
Quand apparaissent brevets, privilèges d’imprimerie et droits d’auteur, le modèle est le même : un droit exclusif est accordé et l’exploitant paie une redevance proportionnelle.
En anglais, le terme « royalties » s’impose naturellement en anglais pour ces paiements.
À la place, le français a préféré : redevance (ce qui doit être rendu), droits d’auteur et droits.

Donc, au lieu de parler de « guerre des royalties« , Le Figaro devrait parler de « guerre des droits d’auteur ».
