Mots tirés d’un authentique titre de La Dépêche. Oui, une journaliste francophone a vraiment écrit cet article, une illustration parfaite de l’invasion de l’anglais dans notre pays.
Je regrette beaucoup d’avoir manqué ce « bijou », en décembre 2025, un véritable festival d’anglicismes.

Sur cette illustration, provenant de l’article cité ci-dessus, j’ai l’impression de voir les membres d’une secte, pas une réunion de femmes d’affaires. D’ailleurs, je vois qu’il est question d’un « espace ésotérique ».
Je ne sais pas vous mais, quand j’entends « c’est qui la boss », je comprends « c’est à qui la bosse ». J’ai l’impression qu’une femme vient de se faire battre par son mari. Je doute que ce soit l’impression recherchée.
Âmes sensibles et amateurs de langue française s’abstenir
Extraits :
« C’est Qui La Boss » :
Pourquoi pas « la patronne » ? Ce n’est pas une insulte, si ?
« avec Dépêche Events » :
Qu’est-ce qu’un évent, en français ? Un trou d’aération.
Autre définition : « Odeur et saveur particulières que donne parfois aux aliments et aux liqueurs le contact prolongé de l’air. » Exemple : « Du vin qui sent l’évent, qui a de l’évent. »
La Dépêche, est-elle éventée ? Serait-elle devenue fadasse avec sa filiale événementielle ?
« l’hôtel toulousain The Social Hub » :
Ça donne quoi, au téléphone, quand des francophones réservent à The Social Hub ? Comment le prononcent-ils ? Et si on donnait un nom local à cet hôtel ? Je propose : Le Capitole des rencontres (la place du Capitole est la place principale de Toulouse), La Maison Compans (l’hôtel se situe dans le quartier Compans-Cafferelli), Le Carrefour de Sébastopol (l’hôtel se situe boulevard Sébastopol), L’Agora toulousaine, etc.
« Talks, masterclass et tables rondes » :
Comment prononcez-vous « talks » ? Comme en anglais ? Sinon, en français, nous avons les mots discussions, dialogues, conversations, débats, etc.
« Masterclass », en français, c’est un cours magistral.
« les connexions professionnelles » :
Le mot « connexion », en français, signifie un lien, par exemple entre deux idées, mais certainement pas une relation humaine, ni une relation professionnelle. L’Académie française dit bien qu’il s’agit d’un anglicisme à proscrire.
« Clarisse Castan, fondatrice de Ginger and Lemon » :
C’est amusant, parce que La Dépêche s’est trompée, le nom de l’entreprise est en réalité Ginger & Limón. Contrairement aux apparences, cette entreprise est française.
« La French Tech Toulouse » :
Sans commentaires.
« booster l’empowerment des femmes » :
Non mais, honnêtement, comme peut-on prononcer une ineptie pareille ?
Booster : intensifier, dynamiser, stimuler, renforcer, optimiser, donner de l’énergie, encourager, inciter, propulser, améliorer, augmenter, développer, accroître, relancer, suralimenter, vivifier, remonter, augmenter la portée (ou la visibilité), etc.
Empowerment : Et si vous disiez « renforcer l’émancipation » ou « augmenter l’autonomie » ou « accroître l’habilitation », auriez-vous l’impression de diminuer l’impact voulu ou vous rendriez-vous compte de ce que vous êtes réellement en train de dire ?
« partagera les coulisses de son activité » :
Utilisation erronée du verbe « partager ». Ici, il faudrait dire : faire découvrir, raconter, etc.
« La coach Ambre Blanes » :
Coach : formatrice
« abordera la résilience » :
Voir sur ce site l’article « Stress » et « résilience », deux faces d’une anglomanie psychologique
« Le festival prévoit (…) du networking, du standup et même un espace ésotérique » :
networking : réseautage
standup : humoriste
Pour une raison qui m’échappe, la mise en avant du savoir et de l’esprit d’entreprise féminins doit passer par l’anglais

Illustration provenant du site « C’est qui la boss ? ». Les anglicismes jusqu’à l’écœurement.
En tant que femme, je trouve dommage de devoir renoncer à ma langue maternelle, donc à mon identité, à mes racines, pour faire connaître mon travail.
De mon point de vue, cette avalanche d’anglicismes dessert les femmes au lieu de les aider. Elle les encourage à renoncer à leur langue, donc à l’une de leurs spécificités, à leurs différences, pour se fondre dans un moule, pour devenir des clones sur un marché international.
Il me semble au contraire que c’est en étant soi-même qu’on est plus fort, plus efficace.
De plus, pourquoi utiliser tout ce jargon ? Ne vaudrait-il pas mieux utiliser un langage clair ? Honnêtement, si vous avez participé à cet événement, qu’en avez-vous retiré ?
Et d’ailleurs, pourquoi juste l’anglais ? Pourquoi pas d’autres langues, tant qu’on y est ? Pourquoi ce rejet des autres cultures ?
L’an prochain, je ne manquerai pas l’événement, je l’ai noté dans mon agenda
